Est-il si incongru que  réalisateurs et producteurs, comédiens et techniciens, critiques et cinéphiles, jeunes et moins jeunes   … puissent se rencontrer une fois  par an  en vue de partager leurs films, croiser leurs regards, évoquer les questions de l’heure, envisager de nouvelles perspectives  à leur métier?

N’est-il pas nécessaire de disposer d’un catalogue de films annuel en guise de document  de référence  et outil de promotion de la cinématographie nationale ?

N’est-il pas légitime de rendre hommage à des cinéastes et  à des comédiens qui ont tant donné au cinéma ?

Est-il si malvenu d’ouvrir une fenêtre à des jeunes réalisateurs qui viennent de faire leurs premiers pas et qui pourraient s’avérer bourrés de talent ?

Y’aurait-il des réserves à ce que des cinéastes et des artistes de la trempe de Nacer Khemir, Fathi Saidi ou feu Ezzeddine Guennoun et bien d’autres puissent animer des ateliers et des master class adressés à de jeunes réalisateurs ???

N’est-il pas temps que chaque corps de métier ait l’occasion d’honorer les siens et leur exprimer toute sa gratitude pour les services qu’ils ont rendus au cinéma et à la profession, malgré sa précarité. ?

Si en dépit de tout la Rencontre est parvenue à sa cinquième édition,  c’est grâce à la vivacité de notre cinéma  qui nous a donné  l’énergie et surtout le désir d’aller jusqu’au bout  de cette aventure.

Une aventure qu’il va devoir soutenir, préserver, élever au  rang qu’elle mérite de manifestation nationale incontournable  à même de rendre compte de la variété et de la richesse de notre cinéma.

Portant les germes de sa propre mutation, La Rencontre des réalisateurs se devait de devenir   naturellement la Rencontre annuelle du cinéma tunisien tout court et elle sera portée à bras le corps par la générosité des professionnels, cinéastes et institutions, pour donner la visibilité tant nécessaire à nos œuvres, sans restrictions ni distinctions…

Vivement la sixième Rencontre du cinéma tunisien.